Formes géométriques pures · Solides de Platon
Icosaèdre
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Géométrique
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Résolution · Exploration · Futurisation
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icosaedre de lumiere· à venir
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Identité de la forme
- Nom officiel
- Icosaèdre
- Famille
- Formes géométriques pures
- Sous-famille
- 0.1 Solides de Platon
- Niveau d'encadrement
- Accompagnement recommandé
- Modes disponibles
- Résolution · Exploration · Futurisation
- Forme correspondante
- Icosaedre de lumiere
L'icosaèdre régulier est le cinquième et dernier des cinq solides de Platon. Il est composé de vingt faces triangulaires équilatérales, douze sommets et trente arêtes. Chaque sommet est le point de rencontre de cinq faces — c'est la seule configuration parmi les cinq solides de Platon où cinq faces se rejoignent en un même point. Chaque face est identique aux dix-neuf autres. Chaque arête est identique aux vingt-neuf autres.
Son dual est le dodécaèdre — si l'on relie les centres des vingt faces de l'icosaèdre, on obtient un dodécaèdre régulier. Cette relation de dualité avec le dodécaèdre est la plus riche et la plus complexe parmi les cinq solides — les deux formes partagent le même groupe de symétrie, le plus grand possible pour un solide régulier, et leur interpénétration produit des figures d'une beauté et d'une complexité exceptionnelles.
Ses propriétés de symétrie sont celles du groupe icosaédrique — cent vingt symétries au total, dont soixante rotations propres. C'est le groupe de symétrie le plus riche parmi les cinq solides de Platon, partagé uniquement avec le dodécaèdre. Il possède six axes de symétrie d'ordre 5 passant par les sommets opposés, dix axes d'ordre 3 passant par les centres des faces opposées, et quinze axes d'ordre 2 passant par les milieux des arêtes opposées.
Comme le dodécaèdre, l'icosaèdre porte en lui le nombre d'or — φ = (1 + √5) / 2, soit approximativement 1,618. Le rapport entre l'arête et le rayon de la sphère circonscrite fait intervenir φ. Les douze sommets de l'icosaèdre peuvent être obtenus en plaçant trois rectangles d'or — des rectangles dont les côtés sont dans le rapport φ — mutuellement perpendiculaires et partageant le même centre. Cette construction révèle la présence du nombre d'or au cœur même de la géométrie de l'icosaèdre.
Volume pour une arête de longueur a — V = (5/12) × (3 + √5) × a³ Aire totale pour une arête de longueur a — A = 5√3 × a²
Anatomie géométrique
L'icosaèdre est le solide de Platon qui approche le plus la sphère — son rapport entre le volume et la surface est le plus élevé des cinq solides réguliers. Avec vingt faces triangulaires, il subdivise l'espace autour d'un centre en un nombre de directions qui approche, sans l'atteindre, la continuité sphérique. C'est cette proximité avec la sphère qui lui confère sa propriété clinique la plus distinctive — il dit la fluidité, l'adaptabilité maximale, la capacité à présenter une face différente dans presque toutes les directions.
Il peut être construit à partir de trois rectangles d'or mutuellement perpendiculaires — une construction qui révèle immédiatement la présence du nombre d'or dans sa structure profonde. Chaque rectangle d'or contribue quatre sommets, et les trois rectangles ensemble donnent les douze sommets de l'icosaèdre. Cette construction est l'une des plus élégantes de toute la géométrie des solides réguliers.
Ses vingt faces produisent vingt composantes distinctes, organisées en dix paires de faces parallèles. Cette organisation en paires — comme dans l'octaèdre, mais portée à une richesse bien plus grande — dit une structure où chaque composante a son miroir exact, où chaque aspect de la problématique a son équivalent opposé.
Ses trente arêtes correspondent aux trente relations directes entre faces adjacentes — le même nombre que le dodécaèdre, confirmant la profonde réciprocité entre les deux solides duaux.
Ses douze sommets correspondent à douze points de convergence de cinq faces — chaque sommet est un nœud de haute connectivité où cinq composantes se rencontrent. Cette densité de connexions en chaque sommet est la signature géométrique de l'icosaèdre — une forme où tout est connecté à tout selon une loi d'une grande complexité.
Lignée historique
« La symétrie icosaédrique est la solution optimale pour construire un contenant sphérique à partir d'un nombre limité de protéines identiques — c'est la forme que tant de virus ont choisie. »
L'icosaèdre est le dernier des cinq solides de Platon à avoir été formalisé mathématiquement — sa complexité géométrique le rend plus difficile à construire et à démontrer que les quatre autres. Sa reconnaissance comme solide régulier est traditionnellement attribuée à Theaetetus, dont les travaux sont formalisés par Euclide dans le Livre XIII des Éléments, vers 300 avant notre ère. La démonstration euclidienne de l'inscription de l'icosaèdre dans une sphère est l'une des plus longues et des plus complexes de tout le corpus des Éléments.
Des structures à symétrie icosaédrique ont peut-être été observées dans la nature bien avant leur formalisation mathématique — les radiolaires à symétrie icosaédrique sont abondants dans les océans du monde entier, et certains cristaux présentent des formes pentagonales qui auront pu intriguer les naturalistes anciens. Mais la reconnaissance explicite de la forme icosaédrique comme entité géométrique distincte semble bien être une conquête de la pensée grecque classique.
Platon, dans le Timée, associe l'icosaèdre à l'élément eau — le dernier des quatre éléments à recevoir sa forme, comme si la complexité de l'icosaèdre correspondait à la complexité et à la fluidité de l'eau. Cette association clôt le système des quatre éléments géométriques de Platon avec une cohérence remarquable.
Archimède étudie les dérivés tronqués de l'icosaèdre — notamment l'icosaèdre tronqué, qui deviendra célèbre au XXe siècle comme forme du ballon de football et du buckminsterfullerène, et l'icosidodécaèdre, obtenu en tronquant les douze sommets de l'icosaèdre jusqu'aux milieux des arêtes. Ces deux solides font partie des treize solides d'Archimède.
Kepler, dans son Mysterium Cosmographicum, place l'icosaèdre entre les orbites de la Terre et de Vénus dans son modèle d'emboîtement des cinq solides parfaits dans les sphères planétaires. Cette position intermédiaire — au plus près de la sphère parmi les solides finis — reflète dans la cosmographie keplérienne la symbolique de fluidité et de transition associée à l'icosaèdre.
Au XXe siècle, la découverte que de nombreux virus organisent leur capside selon une symétrie icosaédrique a renouvelé profondément l'intérêt scientifique pour cette forme. Donald Caspar et Aaron Klug ont posé en 1962 les principes physiques de la construction régulière des capsides virales — leur théorie de la quasi-équivalence reste une référence fondatrice. Aaron Klug a reçu le prix Nobel de chimie en 1982 pour ses travaux sur la microscopie électronique cristallographique et l'élucidation structurale des complexes acides nucléiques-protéines. Ces recherches ont démontré que la symétrie icosaédrique est la solution optimale pour construire un contenant sphérique à partir d'un nombre limité de protéines identiques — un résultat qui donne à la forme de Platon une signification biologique profonde et inattendue.
Lecture philosophique
Dans le Timée, Platon associe l'icosaèdre à l'élément eau. Ce choix repose sur la même logique analogique que pour les autres associations — l'eau est fluide, mobile, capable de prendre la forme de son contenant, présente en quantités variables dans tous les corps vivants. L'icosaèdre, avec ses vingt faces et sa proximité avec la sphère, est le solide qui dit le mieux cette fluidité et cette capacité d'adaptation — il peut se présenter dans presque toutes les directions, il n'a pas de position d'équilibre dominante aussi évidente que le cube.
Platon note que parmi les quatre éléments, l'eau est le plus difficile à immobiliser et le plus difficile à saisir. L'icosaèdre, avec sa richesse de faces et de directions, dit cette même insaisissabilité — il y a toujours une autre face, une autre direction, une autre configuration possible.
Dans la tradition néoplatonicienne, l'icosaèdre est associé à la multiplicité féconde — non pas la multiplicité dispersée et chaotique, mais la multiplicité organisée par une loi d'une grande cohérence interne. Proclus y voit la forme de la matière vivante en tant qu'elle est capable de se transformer tout en restant elle-même — comme l'eau qui change de forme sans changer de nature.
La proximité de l'icosaèdre avec la sphère a nourri une longue tradition philosophique qui voit dans cette forme la limite entre le monde des solides finis et le monde des formes infinies. L'icosaèdre dit la plus haute complexité accessible à la géométrie des polyèdres réguliers — au-delà, il n'y a plus que la sphère, forme de l'infini et du parfait.
Dans la philosophie contemporaine de la complexité, l'icosaèdre est souvent cité comme exemple d'un système complexe dont la cohérence globale émerge de règles locales simples — chaque face est un triangle équilatéral identique aux autres, chaque sommet obéit à la même règle de connexion, et de ces contraintes locales simples émerge une structure globale d'une grande richesse. Ce principe d'émergence — la complexité qui naît de la simplicité répétée — est l'une des idées les plus fécondes de la philosophie des systèmes.
Lecture spirituelle et traditionnelle
Dans la géométrie sacrée, l'icosaèdre est associé à l'élément eau et au chakra sacré — Svadhisthana — dans plusieurs traditions qui reprennent la correspondance platonicienne. Le chakra sacré est associé à la fluidité émotionnelle, à la créativité, à la capacité de s'adapter et de couler. L'icosaèdre, comme forme de l'eau chez Platon, dit exactement cette qualité.
Dans la tradition hermétique et alchimique, l'icosaèdre est associé au mercure philosophique — non pas le métal mais le principe de fluidité et de transformation que les alchimistes appellent Mercure. Le mercure philosophique est le principe qui permet à la matière de se transformer — il est la fluidité même, la capacité de passage d'un état à l'autre. L'icosaèdre, avec sa proximité sphérique et sa multiplicité de faces, dit cette même capacité de transformation fluide.
Dans certaines traditions de géométrie sacrée moderne, l'icosaèdre est associé au corps émotionnel — l'une des couches du corps subtil dans les représentations ésotériques de l'être humain. Le corps émotionnel, comme l'eau et comme l'icosaèdre, est fluide, mobile, capable de prendre de nombreuses formes et de répondre à de nombreuses stimulations.
Dans la tradition bouddhiste tibétaine, l'icosaèdre peut être mis en correspondance avec l'état d'esprit du bodhisattva — une présence capable de répondre avec justesse à vingt types de situations différentes, de se présenter sous vingt formes différentes selon les besoins de ceux qu'il accompagne, tout en restant la même conscience au cœur de toutes ces manifestations.
Dans certaines traditions amérindiennes, les structures à vingt directions — proches de la symétrie icosaédrique — sont associées à la totalité des directions de l'univers, à la capacité de percevoir et de répondre à toutes les influences qui viennent de tous les points de l'horizon cosmique.
Lecture jungienne et psychanalytique
« L'icosaèdre dit le Soi en voie d'accomplissement — une totalité très grande, très riche, très fluide, mais encore constituée de faces distinctes. »
L'icosaèdre, dans une lecture jungienne, peut être compris comme la forme de l'inconscient collectif dans sa richesse maximale — non pas l'inconscient comme chaos informe, mais l'inconscient comme réservoir d'une multiplicité organisée de formes, d'images et d'archétypes. Vingt faces — vingt directions possibles — disent la richesse d'un espace psychique où de nombreuses configurations sont disponibles simultanément.
La proximité de l'icosaèdre avec la sphère peut être lue comme l'approximation la plus proche possible du Soi jungien dans le monde des formes finies. La sphère est chez Jung le symbole du Soi accompli — totalité parfaite et sans rupture. L'icosaèdre dit le Soi en voie d'accomplissement — une totalité très grande, très riche, très fluide, mais encore constituée de faces distinctes, encore traversée par des distinctions et des tensions.
La présence du nombre d'or dans la structure de l'icosaèdre résonne avec la notion jungienne de proportion psychique — l'idée que la psyché saine n'est pas une psyché sans tensions mais une psyché dont les tensions sont organisées selon une proportion harmonieuse. Le nombre d'or comme proportion entre la partie et le tout dit quelque chose sur cette harmonie interne que le travail analytique cherche à révéler.
Dans une lecture kleinienne, l'icosaèdre peut représenter une organisation psychique de grande maturité — vingt faces en dix paires de miroirs, dix polarités tenues simultanément dans une structure cohérente. Cette capacité à tenir dix oppositions simultanées sans s'effondrer dit un niveau d'intégration psychique remarquable.
Peu de littérature jungienne ou psychanalytique traite spécifiquement de l'icosaèdre — cette section reste donc dans le registre de l'extrapolation raisonnée plutôt que de la référence directe, ce qui est assumé comme tel.
Présence dans la nature
L'icosaèdre est l'une des formes les plus présentes dans le monde du vivant à l'échelle microscopique — et l'une des découvertes les plus frappantes de la biologie moléculaire du XXe siècle est précisément que la vie a choisi cette forme comme solution optimale pour un problème d'ingénierie fondamental.
Les virus à capside icosaédrique constituent la majorité des virus connus. L'adénovirus, le poliovirus, le virus de l'herpès, le papillomavirus, le virus de l'hépatite B, le rhinovirus responsable du rhume commun — tous organisent leur capside protéique selon une symétrie icosaédrique. Caspar et Klug ont démontré en 1962 que cette symétrie est la solution mathématiquement optimale pour construire un contenant fermé et sphérique à partir d'un nombre minimal de protéines identiques — l'icosaèdre minimise le nombre de types de sous-unités protéiques nécessaires pour couvrir une surface sphérique, ce qui minimise l'information génétique nécessaire pour coder cette capside. La vie a découvert l'icosaèdre de Platon par la voie de l'optimisation évolutive.
Les radiolaires — organismes marins unicellulaires dont les squelettes minéraux présentent des symétries géométriques exceptionnelles — produisent abondamment des structures icosaédriques. Ernst Haeckel en a répertorié et illustré des centaines dans son atlas Kunstformen der Natur. Ces organismes unicellulaires construisent des architectures d'une précision géométrique qui défie l'imagination — sans cerveau, sans plan conscient, par la seule vertu des lois physiques et chimiques qui gouvernent leur croissance.
À l'échelle moléculaire, le buckminsterfullerène — C60 — est une molécule dont les soixante atomes de carbone sont disposés aux sommets d'un icosaèdre tronqué. Cette molécule, découverte en 1985 par Kroto, Curl et Smalley — qui ont reçu le prix Nobel de chimie en 1996 pour cette découverte — a ouvert le champ des nanotechnologies carbonées et révélé que la nature peut produire des structures moléculaires à symétrie icosaédrique d'une grande stabilité.
Les quasi-cristaux découverts par Shechtman en 1984 présentent une symétrie icosaédrique à longue portée. Ces matériaux, qui violent les règles classiques de la cristallographie périodique, démontrent que la nature peut produire des organisations à symétrie d'ordre 5 et icosaédrique par des mécanismes différents de ceux des cristaux ordinaires.

Capside icosaédrique du virus de la fièvre aphteuse (FMDV) — l'icosaèdre est la solution structurelle qu'a choisie l'évolution pour construire des contenants sphériques à partir d'un nombre limité de protéines identiques.
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Présence dans l'art et l'architecture
L'icosaèdre est présent dans les arts et l'architecture depuis l'Antiquité, mais c'est au XXe siècle qu'il acquiert une présence majeure — notamment grâce aux dômes géodésiques de Buckminster Fuller et à la découverte du buckminsterfullerène.
Dans le De Divina Proportione de Pacioli illustré par Léonard de Vinci, l'icosaèdre reçoit des représentations d'une grande précision — en fil de fer et en plein, révélant simultanément sa structure interne et sa surface. Les vingt faces triangulaires de l'icosaèdre produisent dans ces représentations une impression de richesse et de complexité que les autres solides n'ont pas au même degré.
Les dômes géodésiques de Buckminster Fuller sont des approximations de la sphère obtenues en subdivisant les faces d'un icosaèdre en triangles plus petits. Plus la subdivision est fine, plus le dôme approche la sphère tout en restant une structure facettée. Le dôme géodésique est l'une des structures les plus efficaces connues — elle distribue les contraintes mécaniques de manière optimale, utilise le minimum de matière pour le maximum de volume couvert, et peut être construite à n'importe quelle échelle. La Biosphère de Montréal, construite pour l'Exposition universelle de 1967, reste l'exemple le plus célèbre de cette architecture icosaédrique à grande échelle.
Le ballon de football — dans sa version classique en pentagones noirs et hexagones blancs — est un icosaèdre tronqué, l'un des treize solides d'Archimède, apparenté à l'icosaèdre par troncature. Sa symétrie icosaédrique le rend quasi sphérique et lui confère ses propriétés de rebond et de trajectoire régulière. Cette forme, omniprésente dans la culture populaire mondiale, est une des présences les plus discrètes et les plus universelles de la géométrie platonicienne dans la vie quotidienne.
Dans le design de jeux, le dé à vingt faces — utilisé dans les jeux de rôle depuis les années 1970 — est un icosaèdre. Le dé icosaédrique est devenu un objet culturel à part entière, symbole de la culture des jeux de rôle et de la pensée probabiliste.
Dans l'art contemporain, plusieurs artistes ont travaillé avec la forme icosaédrique comme objet d'investigation sur la complexité et la fluidité. Olafur Eliasson a réalisé plusieurs installations utilisant des structures icosaédriques pour explorer la relation entre forme géométrique, lumière et perception. La sculpture Stardust de Charles Perry, installée dans plusieurs aéroports américains, est une structure icosaédrique en acier inoxydable poli qui reflète son environnement depuis vingt directions simultanées.

Dôme géodésique de Buckminster Fuller à Carbondale (Illinois) — démonstration architecturale de la stabilité structurelle de la symétrie icosaédrique, base mathématique de tous les dômes géodésiques.
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Lecture neuroscientifique
« Si la sélection naturelle a convergé vers l'icosaèdre pour les capsides virales, il est raisonnable de se demander si d'autres processus biologiques — dont les neuronaux — ont aussi convergé vers cette organisation. »
Le traitement cérébral de l'icosaèdre est le plus complexe parmi les cinq solides de Platon. Sa reconnaissance est significativement plus lente et plus coûteuse cognitivement que celle du cube ou même du dodécaèdre — probablement parce que sa richesse géométrique dépasse la capacité du système visuel à le traiter comme une forme unitaire simple.
Des études en psychologie de la perception ont montré que la reconnaissance de formes complexes à haute symétrie implique une décomposition en sous-structures plus simples — le cerveau identifie d'abord les triangles individuels, puis leur organisation locale, puis la structure globale. Pour l'icosaèdre, avec ses vingt triangles et ses douze sommets à cinq faces, ce processus de composition est particulièrement exigeant.
La présence du nombre d'or dans la structure de l'icosaèdre a des implications potentielles pour les neurosciences de la perception esthétique. Si les proportions proches du nombre d'or activent préférentiellement les circuits de récompense esthétique — un résultat qui reste débattu dans la littérature scientifique — alors l'icosaèdre, qui porte le nombre d'or à tous les niveaux de sa structure comme le dodécaèdre, devrait produire une expérience esthétique particulièrement intense. L'impression de beauté et de complexité harmonieuse que rapportent spontanément la plupart des observateurs face à un icosaèdre est cohérente avec cette hypothèse.
Dans les travaux du Blue Brain Project, les structures de haute dimension dans les réseaux neuronaux du néocortex présentent une complexité topologique qui approche celle de l'icosaèdre parmi les solides réguliers. Les assemblées neuronales les plus complexes — celles qui correspondent aux traitements cognitifs les plus élaborés — pourraient avoir des propriétés topologiques analogues à celles de l'icosaèdre. Cette analogie reste spéculative mais ouvre des perspectives de recherche stimulantes sur la relation entre géométrie et cognition.
La découverte que les virus utilisent la symétrie icosaédrique comme solution optimale pour un problème d'ingénierie a des implications pour les neurosciences évolutives. Si la sélection naturelle a convergé vers l'icosaèdre comme solution optimale pour les capsides virales, il est raisonnable de se demander si d'autres processus biologiques — dont les processus neuronaux — ont également convergé vers des organisations à symétrie icosaédrique pour des raisons d'optimalité similaires.
Hypothèses Neuromorphose
Ce qui suit est un corpus d'hypothèses cliniques issues de l'observation en séance d'hypnose et de la réflexion théorique sur les correspondances entre formes géométriques et contenus inconscients. Ces hypothèses ne sont pas démontrées. Elles ne constituent pas un système de décodage. Elles dessinent des pistes qu'une étude clinique systématique pourrait un jour suivre. Elles sont proposées ici comme des invitations à regarder, non comme des vérités à appliquer.
Sur le choix spontané de l'icosaèdre — quand un patient annonce un icosaèdre, c'est rare et cliniquement significatif. Cette forme n'émerge pas par hasard. Elle semble correspondre à deux configurations cliniques distinctes qui méritent d'être distinguées.
La première configuration est celle d'une grande fluidité intérieure — une personne capable de s'adapter à de nombreuses situations, de présenter de nombreuses faces différentes selon les contextes, de naviguer dans la complexité sans s'y perdre. Pour cette personne, l'icosaèdre dit une ressource remarquable d'adaptabilité et de richesse intérieure.
La seconde configuration est celle d'une dispersion dans la multiplicité — une personne qui a trop de faces, qui ne sait plus laquelle est la sienne, qui s'adapte si bien qu'elle a perdu le fil de ce qu'elle est fondamentalement. Pour cette personne, l'icosaèdre dit une problématique de diffusion identitaire, une fluidité qui est devenue dissolution.
La distinction entre ces deux configurations est cliniquement fondamentale et doit être explorée avec soin avant d'orienter le travail thérapeutique.
Sur la couleur et la texture associées — un icosaèdre cristallin ou aqueux évoque souvent la première configuration — fluidité consciente et riche. Un icosaèdre sans couleur définie, flou ou changeant, évoque souvent la seconde — dispersion identitaire. Un icosaèdre lumineux et stable évoque une ressource de fluidité maîtrisée. Un icosaèdre sombre et mouvant évoque une fluidité incontrôlée, quelque chose qui coule sans direction.
Sur la position dans le corps — un icosaèdre au niveau du ventre évoque souvent une fluidité émotionnelle profonde, une vie intérieure très riche et très mobile. Au niveau de la tête, il évoque souvent une pensée très fluide et très créative, parfois difficile à stabiliser. Au niveau du cœur, il évoque souvent une vie affective d'une grande richesse et d'une grande complexité — de nombreuses connexions, de nombreux attachements, une capacité d'amour qui peut se disperser ou se concentrer.
Sur le mouvement — un icosaèdre qui tourne lentement et régulièrement évoque une fluidité maîtrisée, une adaptabilité sereine. Un icosaèdre qui tourne rapidement et irrégulièrement évoque une agitation intérieure, une multiplicité qui déborde. Un icosaèdre immobile évoque souvent une fluidité gelée — une personne qui a perdu sa capacité d'adaptation et qui est figée dans une configuration unique.
Signature EndoFormia® — pistes pour le thérapeute
Quand un patient annonce un icosaèdre dans le protocole EndoFormia®, le thérapeute est face à l'une des configurations cliniques les plus riches et les plus délicates de l'encyclopédie.
La première invitation est celle de la distinction — fluidité riche ou dispersion identitaire ? Cette question doit être explorée avec douceur avant tout autre travail. Elle peut être abordée par une question simple — « au milieu de toutes ces faces, est-ce qu'il y en a une qui vous semble plus fondamentalement la vôtre ? » La réponse oriente immédiatement le travail.
Les vingt faces offrent vingt entrées possibles dans la problématique — ce qui est à la fois une richesse et un risque de dispersion dans le travail thérapeutique lui-même. Le thérapeute doit résister à la tentation d'explorer toutes les faces et proposer au patient de choisir les trois ou quatre faces les plus significatives pour lui à ce moment. L'icosaèdre invite à la sélection, non à l'exhaustivité.
Les douze sommets — chacun point de convergence de cinq faces — sont des lieux cliniques particulièrement riches. Chaque sommet dit une rencontre entre cinq composantes. Le thérapeute peut proposer au patient d'identifier le sommet qui lui semble le plus chargé — le plus tendu, le plus lumineux, le plus opaque — et d'explorer les cinq faces qui convergent en ce point.
La relation avec le dodécaèdre — son dual — peut être explorée dans les séances avancées. Le dodécaèdre dit la complétude structurée, le sens cosmique, l'organisation harmonieuse de la complexité. L'icosaèdre dit la fluidité maximale, la capacité d'adaptation, la proximité avec la sphère. Le passage de l'un à l'autre — ou la capacité à les tenir simultanément — peut être une métaphore puissante pour un patient qui cherche à unir sens et fluidité dans sa vie.
En mode futurisation, l'icosaèdre de lumière est une ancre pour les personnes qui cherchent à développer leur capacité d'adaptation et de fluidité intérieure — non pas la fluidité comme dissolution, mais la fluidité comme souveraineté. L'eau qui coule sait toujours trouver son chemin. L'icosaèdre lumineux dit cette sagesse du mouvement juste.
Fiches sensorielles activant cette forme — À compléter au fur et à mesure de la production du catalogue sensoriel.
Sources
Mathématiques et géométrie : Euclide — Éléments, Livre XIII, vers 300 avant notre ère. Édition de référence — Heath, T.L., The Thirteen Books of Euclid's Elements, Cambridge University Press, 1908. Cromwell, P.R. — Polyhedra, Cambridge University Press, 1997. Coxeter, H.S.M. — Regular Polytopes, Dover Publications, 1973. Livio, M. — The Golden Ratio — The Story of Phi, the World's Most Astonishing Number, Broadway Books, 2002.
Histoire et philosophie : Platon — Timée, vers 360 avant notre ère. Traduction Brisson, L., GF Flammarion, 1992. Kepler, J. — Mysterium Cosmographicum, 1596. Traduction Duncan, A.M., Abaris Books, 1981. Pacioli, L. — De Divina Proportione, 1509. Fac-similé, Silvana Editoriale, 1982.
Lectures spirituelles et symboliques : Lawlor, R. — Sacred Geometry — Philosophy and Practice, Thames and Hudson, 1982. Schneider, M.S. — A Beginner's Guide to Constructing the Universe, Harper Perennial, 1994. Critchlow, K. — Time Stands Still — New Light on Megalithic Science, Gordon Fraser, 1979.
Psychologie analytique : Jung, C.G. — Psychologie et Alchimie, Buchet-Chastel, 1970. Jung, C.G. — Les Racines de la Conscience, Buchet-Chastel, 1971. Von Franz, M.-L. — Nombre et Temps, La Fontaine de Pierre, 1998.
Neurosciences : Reimann, M.W. et al. — Cliques of Neurons Bound into Cavities Provide a Missing Link between Structure and Function, Frontiers in Computational Neuroscience, 2017. Caspar, D.L.D. et Klug, A. — Physical principles in the construction of regular viruses, Cold Spring Harbor Symposia on Quantitative Biology, 1962. Chatterjee, A. — The Aesthetic Brain — Art, Evolution and Culture, Oxford University Press, 2014.
Sciences naturelles : Shechtman, D. et al. — Metallic phase with long-range orientational order and no translational symmetry, Physical Review Letters, 1984. Kroto, H.W. et al. — C60 — Buckminsterfullerene, Nature, 1985. Haeckel, E. — Kunstformen der Natur, Bibliographisches Institut, 1899-1904. Crick, F.H.C. et Watson, J.D. — Structure of small viruses, Nature, 1956. Caspar, D.L.D. — Movement and self-control in protein assemblages, Biophysical Journal, 1980. Pauling, L. — The Nature of the Chemical Bond, Cornell University Press, 1960.
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