Formes géométriques pures · Solides de Platon
Cube
Encadrement thérapeutique
Accompagnement recommandé
Porte d'entrée
Géométrique
Modes
Résolution · Exploration · Futurisation
Forme positive
cube de lumiere· à venir
Chargement
Cliquer-glisser pour orienter
Identité de la forme
- Nom officiel
- Cube
- Famille
- Formes géométriques pures
- Sous-famille
- 0.1 Solides de Platon
- Niveau d'encadrement
- Accompagnement recommandé
- Modes disponibles
- Résolution · Exploration · Futurisation
- Forme correspondante
- Cube de lumiere
Le cube — également nommé hexaèdre régulier — est le deuxième des cinq solides de Platon. Il est composé de six faces carrées identiques, huit sommets et douze arêtes. Chaque sommet est le point de rencontre de trois faces. Chaque face est perpendiculaire aux quatre faces adjacentes. Chaque arête est identique aux onze autres.
Son dual est l'octaèdre — si l'on relie les centres des six faces du cube, on obtient un octaèdre régulier. Inversement, le dual de l'octaèdre est le cube. Ces deux solides forment une paire indissociable dans la famille des solides de Platon — ils se contiennent mutuellement dans une relation de réciprocité parfaite.
Ses propriétés de symétrie sont celles du groupe octaédrique — quarante-huit symétries au total, dont vingt-quatre rotations propres. Il possède trois axes de symétrie d'ordre 4 passant par les centres des faces opposées, quatre axes d'ordre 3 passant par les sommets opposés, et six axes d'ordre 2 passant par les milieux des arêtes opposées. C'est le solide de Platon qui possède le plus grand nombre de symétries après l'icosaèdre et le dodécaèdre.
Volume pour une arête de longueur a — V = a³ Aire totale pour une arête de longueur a — A = 6a²
Anatomie géométrique
Le cube est construit sur le carré — la figure plane qui incarne le plus directement l'idée de mesure, d'égalité et d'organisation de l'espace. Six carrés identiques, assemblés selon les contraintes de la géométrie euclidienne tridimensionnelle, produisent le volume le plus familier et le plus immédiatement reconnaissable de tous les solides réguliers.
Cette familiarité est sa première signature. Là où le tétraèdre dit l'économie radicale et la pointe tranchante, le cube dit la stabilité, l'organisation, la maîtrise de l'espace. Il repose naturellement sur une face — il n'a pas besoin qu'on le pose, il se pose. Cette capacité à trouver seul son équilibre est unique parmi les cinq solides de Platon et dit quelque chose d'essentiel sur ce que le cube représente.
Ses six faces produisent six composantes distinctes et accessibles — le haut, le bas, les quatre côtés. Cette organisation en six directions correspond aux six directions cardinales de l'espace tridimensionnel — haut, bas, devant, derrière, gauche, droite. Le cube est la forme qui cartographie l'espace de manière exhaustive et symétrique.
Ses huit sommets correspondent aux huit triades possibles de directions (haut/bas, devant/derrière, gauche/droite) — chaque sommet dit une combinaison unique des trois axes. Ses douze arêtes correspondent aux douze relations directes entre faces adjacentes.
Le cube peut être inscrit dans une sphère — tous ses sommets touchent la sphère circonscrite — et il contient une sphère inscrite tangente à toutes ses faces. La sphère inscrite touche les six faces en leurs centres exacts — le cœur du cube est équidistant de toutes ses surfaces.
Lignée historique
« Le cube est probablement la forme géométrique tridimensionnelle la plus anciennement construite par l'être humain. »
Le cube est probablement la forme géométrique tridimensionnelle la plus anciennement construite par l'être humain. La brique — parallélépipède rectangle dont le cube est le cas le plus régulier — est attestée dans les constructions mésopotamiennes dès le quatrième millénaire avant notre ère. La maîtrise pratique de la forme cubique précède donc de très loin sa théorisation mathématique.
Dans l'Égypte ancienne, le cube est utilisé comme unité de volume dans les calculs architecturaux. Le Papyrus Rhind, datant d'environ 1650 avant notre ère, contient des problèmes de calcul de volumes cubiques qui témoignent d'une maîtrise géométrique avancée.
Dans la Grèce ancienne, c'est Platon qui lui donne sa première formulation philosophique systématique dans le Timée. Mais la reconnaissance du cube comme l'un des cinq solides réguliers et la démonstration de ses propriétés géométriques sont traditionnellement attribuées à Theaetetus, disciple de Platon, dont les travaux sont repris et formalisés par Euclide dans le Livre XIII des Éléments.
Archimède, au IIIe siècle avant notre ère, étudie les relations entre le cube et ses dérivés tronqués — notamment le cube tronqué et le cuboctaèdre — qui font partie des solides semi-réguliers qui porteront son nom.
Au XVIe siècle, Dürer réalise dans son traité Underweysung der Messung de 1525 le premier patron déplié du cube — ce qu'on appelle aujourd'hui le développement du cube. Il montre que six carrés peuvent être disposés en croix pour former la surface du cube avant assemblage. Cette croix de six carrés deviendra une figure chargée de symbolisme dans toute l'iconographie religieuse et ésotérique des siècles suivants.
Kepler, dans son Mysterium Cosmographicum de 1596, associe le cube à l'orbite de Saturne dans son modèle des sphères emboîtées. Saturne — la planète la plus lente, la plus distante connue à l'époque — reçoit le solide le plus stable et le plus terrestre. L'association est cohérente avec la symbolique astrologique de Saturne, planète de la structure, de la limite et du temps.
Au XIXe siècle, les mathématiciens explorent les analogues du cube dans les dimensions supérieures. Le tesseract — ou hypercube à quatre dimensions — est décrit pour la première fois par Ludwig Schläfli en 1852. Cette extension dimensionnelle du cube fascinera les artistes et les penseurs du début du XXe siècle, notamment Marcel Duchamp dont La Mariée mise à nu par ses célibataires, même est traversée par la réflexion sur la quatrième dimension.
Lecture philosophique
Dans le Timée, Platon associe le cube à l'élément terre. Ce choix repose sur une analogie entre les propriétés géométriques du solide et les qualités sensibles de l'élément. La terre est stable, solide, résistante au mouvement. Le cube, parmi les cinq solides, est celui qui repose le plus naturellement — il a le plus de faces, les plus larges, et il se pose sans effort. Platon note que le cube est difficile à déplacer précisément parce qu'il repose sur une grande surface stable. La terre résiste. Le cube résiste.
Cette association cube-terre traverse toute la tradition néoplatonicienne. Plotin et Proclus reprennent et approfondissent l'idée que le cube est le solide de la matière, de la pesanteur, de ce qui s'ancre et demeure. Là où le tétraèdre monte et transforme, le cube descend et stabilise.
Dans la tradition pythagoricienne, le cube est associé au nombre six — le nombre de ses faces — et au nombre huit — le nombre de ses sommets. Six est le premier nombre parfait (égal à la somme de ses diviseurs propres). Huit est le premier cube parfait (2³). Cette double connexion aux nombres parfaits renforce la valeur symbolique du cube comme forme de complétude et d'organisation idéale.
Aristote, dans sa physique des quatre éléments, reprend partiellement la correspondance platonicienne et fait du cube le solide de la terre — l'élément qui occupe le centre du cosmos sublunaire et qui donne aux choses leur solidité et leur permanence.
Dans la philosophie de la nature du XIXe siècle, Hegel voit dans le cube la première forme dans laquelle l'esprit se reconnaît pleinement dans la matière — parce que le cube est la forme qui répond le plus directement à la pensée humaine dans sa volonté de mesurer, d'organiser et de maîtriser l'espace. Le cube est la géométrie de la civilisation — la brique, la pièce, la ville.
Lecture spirituelle et traditionnelle
Dans la Kabbale, le cube est la forme du monde manifesté. La lettre hébraïque Beth — première lettre de la Torah, qui commence par « Bereshit » (au commencement) — est associée au cube dans plusieurs traditions kabbalistiques. Beth signifie la maison — et la maison parfaite est cubique. Le Temple de Salomon, dans sa description biblique, est un cube parfait dans sa partie la plus sacrée — le Debir, ou Saint des Saints, mesure vingt coudées dans ses trois dimensions. Ce cube sacré est compris comme le lieu où le divin et l'humain cohabitent dans un espace parfaitement équilibré.
La Kaaba de La Mecque — dont le nom arabe signifie littéralement le cube — est le bâtiment le plus sacré de l'islam. Structure approximativement cubique de pierre noire au centre de la Grande Mosquée de La Mecque, elle est le point vers lequel se tournent les musulmans du monde entier pour la prière. Le cube dit ici l'absolu, le centre, l'orientation de toute vie humaine vers un point fixe et stable.
Dans la franc-maçonnerie, la pierre cubique parfaite est le symbole du travail accompli — la pierre brute taillée jusqu'à l'équerre et au niveau, débarrassée de ses aspérités, prête à être posée dans l'édifice universel. Le passage de la pierre brute à la pierre cubique est la métaphore centrale du travail intérieur maçonnique.
Dans la tradition hindoue, le cube est associé à Brahma — le dieu créateur — et à l'élément terre. Le mandala carré — le yantra à base carrée — est la représentation du temple cosmique, l'espace sacré délimité par les quatre points cardinaux. L'extension tridimensionnelle de ce mandala carré est le cube.
Dans la géométrie sacrée médiévale chrétienne, la Jérusalem céleste décrite dans l'Apocalypse de Jean est une cité cubique parfaite — douze mille stades dans chacune de ses trois dimensions. Cette Jérusalem cubique dit la perfection de la création accomplie, l'espace où le divin et l'humain coïncident parfaitement.
Lecture jungienne et psychanalytique
« Si le carré dit la totalité comme idée, le cube dit la totalité comme maison — un espace que l'on peut habiter. »
Jung a longuement travaillé sur le symbolisme du carré et du quaternaire. Pour lui, le quatre est le nombre de la totalité psychique — les quatre fonctions psychologiques (pensée, sentiment, sensation, intuition), les quatre points cardinaux, les quatre saisons, les quatre éléments. Le carré, projection plane du quaternaire, est une forme archétypale de la totalité.
Le cube est la projection tridimensionnelle de ce quaternaire — il ajoute au carré la dimension de la profondeur, de l'intériorité, de l'espace habitable. Dans cette lecture, le cube dit une totalité psychique incarnée, ancrée dans la matière et dans le temps, pas seulement idéale et plane. Si le carré dit la totalité comme idée, le cube dit la totalité comme maison — un espace que l'on peut habiter.
Dans Psychologie et Alchimie, Jung analyse longuement le symbolisme de la pierre philosophale — la lapis — qui est souvent représentée comme cubique dans les textes alchimiques. La pierre cubique dit l'individuation accomplie, le Soi pleinement réalisé dans la matière. La tradition alchimique elle-même parle de la lapis comme « une pierre qui n'est pas une pierre » — formule paradoxale, longuement commentée par Jung, qui dit la nature à la fois concrète et transcendante du Soi, et qui prend une résonance particulière quand cette pierre est cubique.
Dans une lecture kleinienne, le cube peut représenter un niveau d'organisation psychique plus mature que le tétraèdre — six faces à tenir simultanément en relation, une structure plus complexe, une capacité de contenance plus développée. La face du bas qui pose le cube sur le sol dit la capacité à s'appuyer sur quelque chose de stable, à ne pas flotter. La face du haut dit l'ouverture vers ce qui vient — le cube est fermé mais il a un haut.
Dans une perspective lacanienne, le cube peut être mis en correspondance avec la structure du discours du maître — une organisation rigide et stable, clairement délimitée, qui maîtrise l'espace et le temps mais qui peut devenir un enfermement quand ses murs ne peuvent plus être traversés.
Présence dans la nature
Le cube est l'une des formes les plus présentes dans le règne minéral. La galène — sulfure de plomb — cristallise naturellement en cubes parfaits d'une régularité frappante. La pyrite — sulfure de fer — produit des cristaux cubiques d'un éclat doré qui lui a valu le surnom de « or des fous ». Le sel gemme — chlorure de sodium — cristallise en cubes microscopiques que l'on peut observer au microscope dans un grain de sel ordinaire. La fluorite produit des cristaux cubiques et octaédriques selon les conditions de cristallisation.
La symétrie cubique — ou symétrie du groupe Oh — est l'une des sept systèmes cristallins qui organisent la totalité des structures cristallines connues. On l'appelle le système cubique ou isométrique. Les métaux les plus communs — fer, cuivre, aluminium, or — cristallisent dans ce système. La structure cristalline du diamant est cubique à faces centrées. La structure du sel de table est cubique à faces centrées également, avec deux réseaux interpénétrés de sodium et de chlore.
À l'échelle moléculaire, le cubane — molécule synthétisée pour la première fois en 1964 par Philip Eaton — est une molécule organique dont les huit atomes de carbone occupent exactement les huit sommets d'un cube. Cette molécule extraordinairement tendue est un exemple fascinant de la capacité de la chimie à contraindre des atomes dans une géométrie parfaite.
Dans le monde du vivant, certains organismes produisent des structures cubiques. Les spores de certains fougères et mousses adoptent une symétrie tétraédrique qui, par accumulation, produit des arrangements cubiques. Certains virus à capside cubique — en réalité icosaédrique, la symétrie cubique et icosaédrique étant liées — organisent leur matériel génétique dans une structure de haute régularité.
À l'échelle macroscopique, les colonnes basaltiques — comme celles de la Chaussée des Géants en Irlande du Nord ou de Fingal's Cave en Écosse — produisent des prismes hexagonaux par contraction thermique de la lave refroidissante. Ce n'est pas un cube parfait, mais c'est le même principe de minimisation des contraintes mécaniques qui produit des formes géométriques régulières dans la nature.

La halite (sel gemme) — minéral qui cristallise spontanément en cubes parfaits, démontrant que la forme cubique n'est pas une invention humaine mais une donnée naturelle de la matière.
Wikimedia Commons · Robert M. Lavinsky · CC BY-SA 3.0

La pyrite — minéral qui cristallise en cubes d'une régularité géométrique étonnante, longtemps confondue avec l'or par les premiers chercheurs.
Wikimedia Commons · Kritzolina · CC BY-SA 4.0
Présence dans l'art et l'architecture
Le cube est la forme architecturale la plus universelle de l'histoire humaine. La brique cubique — ou approximativement cubique — est à la base de toutes les grandes civilisations constructrices depuis le Néolithique. Mésopotamie, Égypte, Grèce, Rome, Islam, Chine — toutes ont bâti avec des briques dont la forme approxime le cube.
Dans l'architecture sacrée, le cube dit la perfection et la présence divine. La Kaaba de La Mecque, le Saint des Saints du Temple de Salomon, la Jérusalem céleste de l'Apocalypse — tous cubiques. Cette convergence transculturelle du cube comme forme du sacré est remarquable et difficile à expliquer par la seule influence culturelle.
Dans la peinture de la Renaissance, le cube apparaît comme objet de démonstration géométrique dans de nombreuses représentations d'ateliers et de cabinets de curiosités. Les polyèdres suspendus — cubes, tétraèdres, icosaèdres — sont des marqueurs de culture scientifique et philosophique. La Mélancolie I de Dürer représente un polyèdre irrégulier — probablement un cube tronqué — posé au premier plan, symbole de la connaissance géométrique et de ses limites face à l'infini.
Le cubisme — mouvement artistique fondé par Picasso et Braque vers 1907 — tire son nom de la décomposition des formes en facettes géométriques inspirées du cube. Cette révolution picturale cherche à représenter simultanément plusieurs points de vue d'un même objet — une ambition qui résonne directement avec la structure du cube et ses six faces équivalentes.
Dans l'art minimal américain des années 1960, le cube devient un objet artistique pur. Donald Judd produit des séries de cubes en acier inoxydable ou en plexiglas coloré. Tony Smith réalise Die en 1962 — un cube d'acier de 1,83 mètre de côté posé directement au sol, sans socle. Ces œuvres posent la question de ce que la forme géométrique pure dit quand elle est libérée de toute représentation.
En architecture contemporaine, le cube est omniprésent comme module de base — de la maison Farnsworth de Mies van der Rohe aux constructions modulaires contemporaines. Le musée d'art contemporain de Barcelone (MACBA) de Richard Meier, la fondation Cartier de Jean Nouvel à Paris, le Kunsthaus de Graz — tous jouent avec la forme cubique comme référence et comme question.

La Kaaba (La Mecque) — cube sacré central de l'islam, vers lequel s'orientent les prières quotidiennes des musulmans du monde entier. Architecture cubique chargée d'une portée symbolique universelle.
Wikimedia Commons · Adli Wahid · CC BY-SA 4.0
Lecture neuroscientifique
« Nous construisons cubique parce que notre cerveau pense cubique. »
Le cerveau humain traite le cube de manière préférentielle parmi les formes tridimensionnelles. Des études en IRMf ont montré que la reconnaissance d'un cube active plus rapidement et avec moins d'effort cognitif que celle de polyèdres moins réguliers — ce qui suggère que le cerveau a développé une représentation interne privilégiée de cette forme, probablement par l'expérience répétée de l'environnement bâti.
Le cortex pariétal postérieur — impliqué dans le traitement de l'espace tridimensionnel et dans la manipulation mentale des objets — est particulièrement actif lors de la rotation mentale de cubes. Les expériences classiques de rotation mentale de Shepard et Metzler (1971) utilisaient des structures cubiques précisément parce que leur régularité permet de mesurer avec précision le temps de traitement cérébral en fonction de l'angle de rotation. Cette recherche fondatrice en psychologie cognitive a utilisé le cube comme objet de mesure de la cognition spatiale humaine.
Dans les travaux du Blue Brain Project, les 3-simplexes — tétraèdres — et les structures de dimension supérieure constituent les briques topologiques fondamentales des réseaux neuronaux. Le cube, en tant que composé de six faces carrées reliées par douze arêtes, correspond à une organisation de connectivité plus complexe que le tétraèdre — une structure dans laquelle davantage de neurones sont reliés selon davantage de configurations. Quand un patient annonce un cube en séance, il produit peut-être une forme qui résonne avec une organisation particulière de son réseau neuronal — dense, structurée, fortement connectée.
Des recherches en neurosciences du développement ont montré que les nourrissons discriminent les objets cubiques des objets sphériques dès les premières semaines de vie — avant même d'avoir eu l'expérience tactile de manipuler des objets géométriques. Cette discrimination précoce suggère que le cerveau possède des mécanismes innés de traitement des formes géométriques élémentaires, parmi lesquelles le cube occupe une place à part.
La recherche sur la mémoire spatiale a montré que les environnements cubiques — pièces rectangulaires aux angles droits — sont encodés avec une efficacité particulière par les cellules de lieu de l'hippocampe. Les rats élevés dans des environnements cubiques développent des cartes cognitives plus précises que ceux élevés dans des environnements circulaires ou irréguliers. Cette efficacité de l'encodage spatial cubique est probablement à l'origine de la domination du cube dans l'architecture humaine — nous construisons cubique parce que notre cerveau pense cubique.
Hypothèses Neuromorphose
Ce qui suit est un corpus d'hypothèses cliniques issues de l'observation en séance d'hypnose et de la réflexion théorique sur les correspondances entre formes géométriques et contenus inconscients. Ces hypothèses ne sont pas démontrées. Elles ne constituent pas un système de décodage. Elles dessinent des pistes qu'une étude clinique systématique pourrait un jour suivre. Elles sont proposées ici comme des invitations à regarder, non comme des vérités à appliquer.
Sur le choix spontané du cube — quand un patient annonce un cube sans qu'on lui ait proposé de formes, cela semble correspondre à des problématiques ou des ressources liées à la structure, au contrôle, à l'organisation de l'espace intérieur. La problématique est souvent bien délimitée — le patient sait exactement où elle commence et où elle finit. Elle est souvent liée à des questions de maîtrise — maîtrise de soi, maîtrise des événements, maîtrise de l'environnement. Elle peut être le signe d'une rigidité protectrice — le cube comme carapace organisée — ou d'une ressource de stabilité — le cube comme fondation solide.
Sur la couleur et la texture associées — un cube gris ou béton évoque souvent une rigidité acquise, une structure devenue prison sans que la personne l'ait voulu. Un cube de pierre ancienne évoque souvent un héritage familial pesant, une structure transmise plutôt que choisie. Un cube de verre évoque souvent une transparence forcée, une absence d'intimité intérieure. Un cube lumineux ou doré évoque une ressource de stabilité consciente et choisie — une fondation que la personne a construite et qu'elle peut habiter. Un cube noir et fermé évoque souvent une forteresse intérieure — protection absolue mais aussi isolement absolu.
Sur la taille perçue — un cube très petit logé dans la poitrine ou dans le ventre évoque souvent un noyau de rigidité résiduelle, un reste de défense que la personne n'arrive pas à desserrer. Un cube très grand qui occupe tout l'espace intérieur évoque souvent une organisation défensive qui a pris toute la place et qui étouffe ce qui cherche à se déployer librement.
Sur la position dans le corps — un cube dans la tête évoque souvent des systèmes de pensée très structurés, parfois des ruminations organisées en boucles fermées. Dans la poitrine, il évoque souvent une émotion contenue dans un espace fermé — quelque chose qui a été mis en boîte. Dans le ventre, il évoque souvent une décision prise mais non encore habitée, une certitude froide. Dans les épaules ou le dos, il évoque souvent le poids d'une responsabilité portée comme une charge.
Sur le mouvement — un cube parfaitement immobile évoque souvent une situation bloquée, une personne qui ne peut pas bouger parce que sa structure intérieure ne lui en laisse pas la possibilité. Un cube qui tourne lentement évoque une recherche de la bonne orientation — quelle face présenter au monde, quelle face regarder en premier. Un cube qui s'ouvre — dont les faces s'écartent comme le développement de Dürer — évoque un processus d'ouverture en cours, quelque chose qui commence à se déployer.
Signature EndoFormia® — pistes pour le thérapeute
Quand un patient annonce un cube dans le protocole EndoFormia®, plusieurs lectures sont possibles et non exclusives. Ce qui suit est un ensemble de pistes pour le thérapeute — non des certitudes, mais des directions à explorer avec le patient.
La première question à poser est toujours celle de la reconnaissance — le patient reconnaît-il spontanément cette forme comme juste ? La régularité du cube peut parfois être trop parfaite — certains patients la corrigeront spontanément vers un parallélépipède rectangle, un cube légèrement déformé, une boîte dont les faces ne sont pas tout à fait égales. Cette correction est précieuse — elle dit quelque chose sur l'imperfection vécue de la structure.
Les six faces du cube offrent naturellement six entrées dans la problématique. Le thérapeute peut proposer au patient de nommer ce que chaque face représente pour lui — en commençant souvent par la face sur laquelle le cube repose (ce qui me soutient, ce sur quoi je m'appuie) et la face du haut (ce qui est ouvert, ce qui peut encore changer). Les quatre faces latérales représentent souvent les quatre directions de la vie — les relations, le travail, le corps, le sens.
Les douze arêtes représentent les douze relations entre faces adjacentes. Certaines arêtes seront décrites comme solides, d'autres comme fissurées, d'autres encore comme trop rigides. Cette exploration des arêtes peut révéler où les connexions entre les différentes composantes de la vie du patient sont les plus fragiles ou les plus tendues.
La question du cube comme contenant est souvent fructueuse — qu'est-ce qui est à l'intérieur ? Est-ce que l'intérieur est vide, plein, encombré, précieux ? Est-ce que la personne peut entrer dans son cube, l'habiter, ou est-ce qu'elle le regarde de l'extérieur ?
La relation du cube avec son dual — l'octaèdre — peut être explorée avec profit dans les séances avancées. Le cube dit la structure, l'organisation, la maîtrise. L'octaèdre dit l'équilibre, la légèreté, la mobilité. Passer du cube à l'octaèdre — ou les tenir simultanément — peut être une métaphore puissante pour un patient qui cherche à assouplir une structure trop rigide sans la perdre.
En mode futurisation, le thérapeute peut proposer au patient de construire la version lumineuse de son cube — même structure à six faces, mais avec une texture perméable, une couleur lumineuse, une taille juste. Ce cube de lumière devient l'ancre d'un travail prospectif — une structure intérieure stable mais habitée, organisée mais non enfermée.
Fiches sensorielles activant cette forme — À compléter au fur et à mesure de la production du catalogue sensoriel.
Sources
Mathématiques et géométrie : Euclide — Éléments, Livre XIII, vers 300 avant notre ère. Édition de référence — Heath, T.L., The Thirteen Books of Euclid's Elements, Cambridge University Press, 1908. Cromwell, P.R. — Polyhedra, Cambridge University Press, 1997. Coxeter, H.S.M. — Regular Polytopes, Dover Publications, 1973. Dürer, A. — Underweysung der Messung, 1525. Fac-similé, Akademische Druck, 1966.
Histoire et philosophie : Platon — Timée, vers 360 avant notre ère. Traduction Brisson, L., GF Flammarion, 1992. Kepler, J. — Mysterium Cosmographicum, 1596. Traduction Duncan, A.M., Abaris Books, 1981. Hegel, G.W.F. — Philosophie de la Nature, 1830. Traduction Gérard, B., Vrin, 2004.
Lectures spirituelles et symboliques : Lawlor, R. — Sacred Geometry — Philosophy and Practice, Thames and Hudson, 1982. Critchlow, K. — Islamic Patterns — An Analytical and Cosmological Approach, Thames and Hudson, 1976. Schneider, M.S. — A Beginner's Guide to Constructing the Universe, Harper Perennial, 1994. Regardie, I. — The Golden Dawn, Llewellyn Publications, 1984.
Psychologie analytique : Jung, C.G. — Psychologie et Alchimie, Buchet-Chastel, 1970. Jung, C.G. — Aïon — Études sur la phénoménologie du Soi, Albin Michel, 1983. Edinger, E.F. — Anatomy of the Psyche — Alchemical Symbolism in Psychotherapy, Open Court, 1985.
Neurosciences : Shepard, R.N. et Metzler, J. — Mental rotation of three-dimensional objects, Science, 1971. Reimann, M.W. et al. — Cliques of Neurons Bound into Cavities Provide a Missing Link between Structure and Function, Frontiers in Computational Neuroscience, 2017. Lever, C. et al. — Boundary vector cells in the subiculum of the hippocampal formation, Journal of Neuroscience, 2009. Cheng, K. — A purely geometric module in the rat's spatial representation, Cognition, 1986.
Cristallographie et sciences naturelles : Pauling, L. — The Nature of the Chemical Bond, Cornell University Press, 1960. Klein, C. et Dutrow, B. — Manual of Mineral Science, Wiley, 2007. Eaton, P.E. et Cole, T.W. — The cubane system, Journal of the American Chemical Society, 1964.
Art et architecture : Judd, D. — Complete Writings 1959-1975, Press of the Nova Scotia College of Art and Design, 1975. Panofsky, E. — La vie et l'art d'Albrecht Dürer, Hazan, 2004. Frampton, K. — Modern Architecture — A Critical History, Thames and Hudson, 1980.