Formes géométriques pures · Polyèdres notables de Johnson
Bipyramide gyrée allongée (J17)
Encadrement thérapeutique
Accompagnement recommandé
Porte d'entrée
Géométrique
Modes
Résolution · Exploration · Futurisation
Forme positive
bipyramide gyree allongee lumineuse· à venir
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Identité de la forme
- Nom officiel
- Bipyramide gyrée allongée (J17)
- Famille
- Formes géométriques pures
- Sous-famille
- 0.3 Polyèdres notables de Johnson
- Niveau d'encadrement
- Accompagnement recommandé
- Modes disponibles
- Résolution · Exploration · Futurisation
- Forme correspondante
- Bipyramide gyree allongee lumineuse
Une bipyramide carrée dont les deux pyramides sont reliées par un antiprisme carré (et non par un prisme comme dans J15) — la ceinture devient un antiprisme à huit faces triangulaires, les deux pyramides terminales sont pivotées l'une par rapport à l'autre de 45 degrés. Une forme qui dit le mouvement dans la tension — quelque chose qui ne se résout pas en ligne droite mais en spirale.
J17 est la forme la plus complexe et la plus subtile de la sous-famille Johnson dans cette sélection. Sa torsion antiprismatique en fait également l'un des deltaèdres convexes — polyèdres dont toutes les faces sont des triangles équilatéraux.
Anatomie géométrique
Faces : 16 faces triangulaires équilatérales — huit triangles de l'antiprisme central (en deux couronnes de quatre, formant la ceinture en zigzag), quatre triangles pour la pyramide haute, quatre triangles pour la pyramide basse. (Les deux faces carrées d'interface entre l'antiprisme et chaque pyramide disparaissent dans l'assemblage.)
Arêtes : 24 — huit arêtes pour les deux bases carrées de l'antiprisme (quatre en haut, quatre en bas — les côtés des carrés d'interface qui deviennent les bases des pyramides), huit arêtes en zigzag formant la ceinture antiprismatique de l'antiprisme, quatre arêtes vers l'apex supérieur, quatre arêtes vers l'apex inférieur.
Sommets : 10 — un apex supérieur, un apex inférieur, quatre sommets de la base supérieure de l'antiprisme, quatre sommets de la base inférieure de l'antiprisme. Le décalage de 45° entre les deux bases carrées de l'antiprisme est constitutif de la forme — c'est lui qui « crée » la torsion.
Relation d'Euler : F + V − E = 16 + 10 − 24 = 2 ✓
Groupe de symétrie : D4d — symétrie antiprismatique, qui inclut la rotation impropre de 45 degrés (rotation suivie d'une réflexion). C'est précisément ce groupe de symétrie qui distingue J17 de J15 (qui est en D4h).
Construction recommandée (Three.js) : assemblage d'un antiprisme carré central (deux carrés parallèles décalés de 45°, reliés par huit triangles équilatéraux en zigzag) avec une pyramide carrée à chaque extrémité (faces triangulaires équilatérales). Les deux carrés d'interface disparaissent dans l'assemblage.
Distinction cruciale avec J15 : J17 utilise un antiprisme central (ceinture à 8 triangles équilatéraux, torsion de 45°), J15 utilise un prisme central (ceinture à 4 rectangles, pas de torsion). La différence géométrique paraît mineure — elle est cliniquement majeure : verticalité droite (J15) contre verticalité spirale (J17).
Particularité : J17 est l'un des cinq deltaèdres convexes de Johnson (J12, J13, J14, J16, J17) — polyèdres convexes dont toutes les faces sont des triangles équilatéraux. La famille complète des deltaèdres convexes compte huit membres (trois platoniciens : tétraèdre, octaèdre, icosaèdre ; cinq de Johnson).
Lignée historique
La bipyramide gyrée allongée appartient à la famille des polyèdres gyrés de Johnson — sous-ensemble de la classification où un antiprisme remplace un prisme dans l'opération d'allongement. Norman Johnson la liste en J17 dans son article de 1966 (Canadian Journal of Mathematics, vol. 18, p. 169-200), et Viktor Zalgaller confirme en 1969 l'exhaustivité de la classification.
L'antiprisme, comme construction géométrique, est connu depuis l'Antiquité tardive et a été étudié systématiquement par Johannes Kepler dans Harmonices Mundi (1619). Kepler distingue prismes et antiprismes comme deux familles parallèles de polyèdres semi-réguliers — les antiprismes se caractérisant par la torsion entre leurs deux bases parallèles.
H. S. M. Coxeter, dans Regular Polytopes (Methuen, 1948 ; 3e éd. Dover, 1973), et Magnus Wenninger dans Polyhedron Models (Cambridge University Press, 1971), ont produit des études systématiques des polyèdres dérivés par antiprismatique élongation.
En cristallographie, les structures à symétrie D4d sont relativement rares mais existent — notamment dans certains complexes de coordination 8 des éléments de transition. Le complexe Mo(CN)₈⁴⁻ (octacyanomolybdate) adopte fréquemment une géométrie antiprisme carré, et certains complexes de zirconium ou de tantale présentent des arrangements proches de J17.
Lecture philosophique
La bipyramide gyrée allongée incarne ce que Gilles Deleuze appelle, dans Différence et Répétition (PUF, 1968), la répétition différentielle — non la répétition du même (le cercle vicieux, la stagnation) mais la répétition qui produit de la différence à chaque retour. La spirale est l'image deleuzienne par excellence de ce mouvement : revenir, mais à un niveau différent ; refaire, mais autrement.
Henri Bergson, dans L'Évolution créatrice (Alcan, 1907), distingue le temps spatialisé (linéaire, mesurable, réversible) et la durée vécue — qualitative, irréversible, créatrice. La durée bergsonienne ne s'écoule pas en ligne droite : elle progresse en s'enrichissant, en réintégrant son propre passé, en se complexifiant. J17 est la forme géométrique de la durée bergsonienne — verticalité tendue qui ne peut pas ne pas tourner.
Paul Ricœur, dans Temps et Récit (Seuil, 1983-1985, 3 volumes), élabore la notion de mise en intrigue — la façon dont une vie humaine se raconte non comme suite linéaire d'événements mais comme configuration complexe où le présent éclaire le passé qui éclaire en retour le futur. La spirale ricœurienne est exactement J17 : revenir sur ses propres événements pour les comprendre autrement.
Vladimir Jankélévitch, dans L'Irréversible et la Nostalgie (Flammarion, 1974), explore la condition humaine comme tension entre l'irréversibilité du temps qui passe et la nostalgie qui voudrait revenir. La spirale est la résolution paradoxale de cette tension : on ne revient jamais au même point, mais on revient à un point analogue — et c'est cette analogie qui rend la durée habitable.
Edgar Morin, dans La Méthode (Seuil, 1977-2004), parle de récursivité organisationnelle — les processus vivants se construisent en se reprenant eux-mêmes à chaque cycle. La spirale est le mouvement caractéristique de cette récursivité — différent du cercle (qui se ferme) et de la ligne (qui s'éloigne), le mouvement spiral « revient en avançant ».
Lecture spirituelle et traditionnelle
La spirale est l'un des symboles les plus anciens et les plus universels de l'humanité — gravée sur les pierres de Newgrange en Irlande (vers 3200 av. J.-C.), présente dans l'art rupestre de Skara Brae en Écosse, dans les pétroglyphes d'Arizona et d'Australie. Le triskèle celtique — triple spirale enchâssée — est l'un des symboles emblématiques de la spiritualité pré-chrétienne d'Irlande et de Bretagne.
Dans le soufisme, la danse tournoyante des derviches (sema, tradition mevlevi instaurée par Rûmî au XIIIe siècle) est une méditation en spirale verticale — le derviche tourne sur lui-même avec un bras vers le haut (recevant la grâce divine) et l'autre vers le bas (la transmettant à la terre). J17 est la forme géométrique exacte de ce trajet soufi.
Dans le bouddhisme, la roue du dharma (dharmachakra) est un symbole circulaire — mais le chemin du Bodhisattva est explicitement décrit comme spiral dans plusieurs sutras Mahayana. Chaque retour sur les paramitas (perfections) approfondit ce qui avait été touché plus superficiellement au cycle précédent.
Dans la kabbale juive, la traversée des sephiroth se fait selon le motif du « chemin du serpent » — montée en spirale qui touche successivement les dix attributs divins en alternant les colonnes de sévérité et de miséricorde. Isaac Louria (1534-1572) développe cette doctrine dans la kabbale de Safed.
Dans le christianisme mystique, Jean de la Croix (1542-1591) décrit dans La Nuit obscure le chemin de l'âme vers Dieu comme une spirale ascendante traversée de retours apparents — « plus l'âme avance, plus elle revient à elle-même ». Thérèse d'Avila (1515-1582) dans Le Château intérieur (1577) décrit les sept demeures de l'âme comme une progression spiroïdale plutôt que linéaire.
Dans la mystique soufie, Ibn Arabi (1165-1240) décrit dans les Futuhat al-Makkiyya (Les Illuminations de La Mecque) le voyage spirituel comme un mouvement hélicoïdal autour d'un axe central — le qutb (pôle).
Lecture jungienne et psychanalytique
Carl Gustav Jung, dans Psychologie et Alchimie (Rascher, 1944), décrit le processus d'individuation comme un mouvement spiral, et non comme une ligne droite. Jung écrit : « Le développement de la personnalité n'est pas une montée vers une cime, mais un cheminement autour d'un centre qu'on ne touche jamais. » La bipyramide gyrée allongée est l'image jungienne très exacte de l'individuation — verticalité qui progresse en tournant autour d'un axe.
Jung consacre dans plusieurs textes — notamment Aïon (1951) et Mysterium Coniunctionis (1955-1956) — des analyses approfondies aux mandalas spiroïdes qui apparaissent dans les rêves des patients en cours d'individuation. Ces images annoncent, selon Jung, des moments de synthèse archétypale où l'inconscient intègre des contenus précédemment dissociés.
Donald Kalsched, jungien post-freudien, dans The Inner World of Trauma (Routledge, 1996), étudie spécifiquement le mouvement spiral de la guérison du traumatisme : retour répété sur les zones blessées, mais à chaque retour avec une capacité d'intégration accrue. Le rythme spiral est caractéristique de tout véritable travail thérapeutique de fond.
Peter Levine, créateur de la Somatic Experiencing, dans Waking the Tiger (North Atlantic Books, 1997), décrit le processus de renégociation traumatique comme une pendulation spirale — alternance entre activation et apaisement qui permet au système nerveux d'intégrer progressivement ce qu'il n'avait pas pu intégrer initialement.
Francine Shapiro, créatrice de l'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, 1987), propose un modèle de traitement traumatique fondé sur des « passes » successives qui reprennent le souvenir traumatique à chaque cycle pour le retraiter à un niveau d'intégration plus profond. Le rythme EMDR est explicitement spiral.
Carl Rogers, dans On Becoming a Person (Houghton Mifflin, 1961), décrit le devenir-personne comme un processus jamais achevé, qui revient régulièrement sur les mêmes questions fondamentales — qui suis-je ?, que veux-je ?, à quoi puis-je faire confiance ? — mais à chaque retour avec une profondeur accrue.
Vigilance clinique : J17 peut résonner intensément avec les personnes en traumatisme complexe non résolu — où la spirale n'a pas encore opéré son mouvement intégrateur et reste vécue comme cercle vicieux. Le thérapeute différencie la spirale d'intégration (qui progresse en altitude) de la boucle traumatique (qui tourne au même niveau). La verbalisation clinique typique de la spirale intégrative est « je reviens, mais c'est différent » ; celle de la boucle est « je suis bloqué au même endroit ».
Présence dans la nature
La spirale est partout dans la nature. La coquille de Nautilus, étudiée et représentée depuis l'Antiquité, suit une spirale logarithmique remarquablement régulière qui respecte le nombre d'or (φ ≈ 1,618). Les coquilles de gastéropodes (escargots, conques) déclinent toutes des variations de cette grammaire spirale.
Les fleurs de tournesol disposent leurs graines selon des spirales de Fibonacci — typiquement 34 spirales dans un sens et 55 dans l'autre. Les pommes de pin, les ananas, les artichauts, les chou-fleurs Romanesco présentent tous des arrangements spiraux régis par le même principe phyllotaxique.
L'ADN est une double hélice — découverte par Watson, Crick, Wilkins et Franklin en 1953 (Nobel 1962). La structure hélicoïdale n'est pas accessoire mais fonctionnelle : elle permet l'enroulement compact, la duplication par séparation des brins, et la lecture séquentielle par les enzymes.
Les galaxies spirales (notre Voie lactée, Andromède, plus de la moitié des grandes galaxies observables) déploient des bras spiraux selon des spirales logarithmiques qui résultent de la dynamique gravitationnelle et des ondes de densité.
Les cyclones, les trombes marines, les tornades dessinent des spirales atmosphériques visibles depuis l'espace. La rotation de la Terre (force de Coriolis) impose le sens de rotation — anti-horaire dans l'hémisphère Nord, horaire dans le Sud.
Les vrilles des plantes grimpantes (vignes, pois, lierre) s'enroulent en spirale autour de leurs supports — comportement étudié dès Charles Darwin (The Movements and Habits of Climbing Plants, 1875).
Les flagelles bactériens sont des structures hélicoïdales qui propulsent les bactéries par rotation — moteur moléculaire d'une élégance géométrique remarquable.
Enfin, à l'échelle quantique, les moments magnétiques électroniques se manifestent par un « spin » — propriété fondamentalement liée à la rotation hélicoïdale.
Présence dans l'art et l'architecture
L'escalier en spirale est l'une des plus anciennes traductions architecturales de la grammaire spirale. Les minarets en spirale de la Grande Mosquée de Samarra (IXe siècle, Irak) et de la Mosquée d'Ibn Tulun au Caire (IXe siècle) sont des exemples monumentaux — escaliers extérieurs s'enroulant autour de tours.
Les escaliers à vis des cathédrales gothiques — celui du Mont Saint-Michel, celui du château de Blois (escalier François Ier, 1515-1524) attribué à Léonard de Vinci, celui du château de Chambord (double escalier hélicoïdal, 1519-1547) — déclinent la grammaire spirale à des fins fonctionnelles et symboliques.
Vladimir Tatline, constructiviste russe, conçoit en 1919 le Monument à la Troisième Internationale (non construit) — tour spirale de 400 mètres prévue pour Petrograd. La spirale tatlinienne est devenue l'une des icônes esthétiques du XXe siècle malgré son inachèvement.
Frank Lloyd Wright construit en 1959 le Solomon R. Guggenheim Museum à New York — bâtiment dont la rampe spirale intérieure est la circulation principale. Wright écrivait : « la spirale est la forme architecturale qui respecte le mieux le mouvement humain ».
L'architecte japonais Tadao Andō intègre la spirale dans plusieurs œuvres — notamment le Naoshima Contemporary Art Museum (1995). Antoni Gaudí à Barcelone exploite la spirale dans la Sagrada Família (en construction depuis 1882) — particulièrement dans les escaliers des tours.
Vladimir Nabokov, dans son autobiographie Speak, Memory (1951), écrit : « La spirale est une représentation spiritualisée du cercle. La forme spirale est, philosophiquement, la dialectique elle-même — thèse, antithèse, synthèse, le tout en mouvement ascendant. »
Dans la sculpture contemporaine, Richard Serra réalise plusieurs œuvres monumentales en spirale — notamment Joe (2000) et Promenade (2008). Anish Kapoor exploite la spirale dans certaines de ses œuvres miroitantes — particulièrement Cloud Gate à Chicago.
Le logo du DNA Building Block (motif universel en biologie moléculaire) — double hélice stylisée — est devenu l'icône visuelle du vivant depuis les années 1960.
Lecture neuroscientifique
Les recherches en neurosciences du sommeil menées par Robert Stickgold et Matthew Walker (Stickgold et Walker, « Memory consolidation and reconsolidation: what is the role of sleep? », Trends in Neurosciences, 2005) démontrent que la consolidation mnésique n'est pas un processus linéaire mais cyclique — les souvenirs sont retraités lors de chaque cycle de sommeil paradoxal, et chaque retraitement modifie légèrement leur stockage. La mémoire spirale jungienne a un substrat neurophysiologique précis dans le rythme des cycles de sommeil.
Eric Kandel, prix Nobel 2000, dans In Search of Memory (Norton, 2006), décrit la plasticité synaptique comme un processus de renforcement répété plutôt que de gravure unique. Chaque réactivation d'un souvenir le re-stabilise dans une configuration légèrement différente — ce que Kandel appelle la reconsolidation mémorielle. La spirale est le rythme naturel de l'apprentissage profond.
Clare Graves, psychologue américain, développe dans les années 1960-1970 un modèle de développement de la conscience en spirale (Spiral Dynamics) — repris et popularisé par Don Beck et Christopher Cowan dans Spiral Dynamics (Blackwell, 1996). Ce modèle propose huit niveaux de conscience accessibles successivement par mouvement spiral plutôt que par ascension linéaire.
Ken Wilber, dans Sex, Ecology, Spirituality (Shambhala, 1995) et A Theory of Everything (Shambhala, 2000), étend le modèle gravesien dans le cadre de la théorie intégrale — chaque niveau supérieur « inclut et transcende » les niveaux précédents en les réintégrant. Le mouvement décrit par Wilber est explicitement spiral et J17 en est l'image géométrique.
Iain McGilchrist, dans The Master and His Emissary (Yale University Press, 2009), propose une relecture des asymétries hémisphériques cérébrales en termes de modes complémentaires de traitement — hémisphère droit comme attention large et contextuelle, hémisphère gauche comme attention focale et catégorielle. McGilchrist montre que la pensée linéaire excessive (dominance gauche) finit par stériliser la cognition, qui doit alterner — en spirale — entre les deux modes pour rester créatrice.
Les recherches en psychothérapie expérientielle (Eugene Gendlin, Focusing, 1978) et en somatic experiencing (Peter Levine) documentent que les traumatismes intégrés réellement le sont par vagues spiralées plutôt que par confrontation directe — la spirale comme rythme physiologique de l'intégration.
Hypothèses Neuromorphose
Hypothèse principale — La contemplation prolongée de la bipyramide gyrée allongée pourrait favoriser ce que Jung appelle l'individuation par spirale — l'acceptation que la croissance psychique procède par retours apparents qui sont en réalité des approfondissements. L'hypothèse neuromorphique est que la fixation visuelle sur la torsion de J17 (plutôt que sur sa verticalité linéaire) active les réseaux cérébraux associés à la flexibilité cognitive et réduit la rigidité interprétative.
Hypothèse secondaire — L'usage de J17 en imagerie mentale guidée pourrait améliorer la tolérance à la non-linéarité — l'aptitude à habiter un processus qui ne suit pas un chemin droit sans le vivre comme échec ou stagnation. Effet à mesurer par échelles de tolérance à l'ambiguïté (MSTAT — Multiple Stimulus Types Ambiguity Tolerance, McLain 1993).
Hypothèse de transfert clinique — Chez les personnes en travail thérapeutique long, le travail répété sur J17 pourrait réduire le découragement spécifique des plateaux apparents — passage du vécu « je tourne en rond » au vécu « je progresse en spirale ». Effet à mesurer par échelles d'auto-efficacité thérapeutique.
Hypothèse négative — Chez les personnes en traumatisme complexe non résolu (C-PTSD), J17 peut résonner avec la boucle traumatique non encore intégrée. Distinction clinique cruciale entre spirale intégrative et boucle stagnante — à différencier en début de séance avant utilisation.
Hypothèse esthétique — La complexité géométrique de J17 (seize faces, torsion antiprismatique, dégradé en hélice) pourrait produire un effet esthétique de frisson de reconnaissance chez les personnes dont la pensée fonctionne par associations obliques. À mesurer par échelles de plaisir esthétique (AReA — Aesthetic Responsiveness Assessment, Schlotz et al. 2021).
Ces hypothèses sont à valider expérimentalement dans le cadre du programme de recherche EndoFormia® en partenariat académique.
Signature EndoFormia® — pistes pour le thérapeute
Indication principale — Personnes engagées dans un travail thérapeutique long, en deuil complexe, en reconstruction après rupture majeure, créatifs à pensée associative oblique. Travail sur la tolérance à la non-linéarité du chemin intérieur.
Métaphores spontanées du patient :
— « J'ai l'impression de tourner en rond — mais à chaque fois que je reviens au même endroit, ce n'est plus tout à fait pareil. » — « C'est comme si les deux parties de moi ne pouvaient pas se faire face directement — elles se parlent en biais. » — « Mon chemin ne va jamais vraiment tout droit. Il avance en spirale et ça m'épuise parfois de ne pas pouvoir juste aller en ligne droite. »
Géographie corporelle :
— Zone primaire : axe vertébral avec sensation de légère torsion — entre les omoplates, le sentiment que quelque chose tourne sans pouvoir se libérer. — Zone secondaire : bassin légèrement désaxé, sensation de déhanchement intérieur — le corps qui incarne le décalage. — Zone tertiaire : regard qui part légèrement de côté, tête qui s'incline — la perception oblique du monde comme posture incarnée.
Manifestations associées :
— Physiques : tensions de torsion dans le dos (entre T4 et T8), impression que la colonne n'est pas tout à fait droite sans qu'un examen physique le confirme, tendance à dormir en position fœtale avec légère torsion, réveils avec sensation de corps « pas encore aligné ». — Émotionnelles : sentiment de progresser sans avancer — ou d'avancer sans progresser — selon les jours. Lassitude du chemin non linéaire. Mais aussi, dans les bons moments, perception étrange et précieuse d'une profondeur que les chemins droits n'atteignent pas. — Cognitives : pensée en spirale — revenir sur les mêmes questions mais avec un angle légèrement différent à chaque fois. Difficulté à expliquer son chemin intérieur aux autres. Intelligence des nuances, sensibilité aux décalages.
Profils typiques :
— Personnes engagées dans un travail thérapeutique long — qui savent que le chemin est spiral. — Personnes créatives dont la pensée fonctionne par associations obliques — qui arrivent à leurs conclusions « par le côté ». — Personnes en deuil complexe ou en reconstruction après une rupture majeure — dont le chemin revient sur des émotions déjà traversées sous un angle nouveau.
Protocole d'exploration en trois temps :
— Accueillir : « Regardez cette forme tourner. Elle ressemble à une bipyramide allongée — mais regardez de près : les deux extrémités ne s'alignent pas. Elles sont décalées. La forme avance en tournant légèrement. Sentez dans votre corps si vous reconnaissez quelque chose de cette torsion subtile. Laissez venir ce qui vient, sans chercher à le redresser. »
— Explorer : « Où en êtes-vous sur votre chemin en ce moment ? Est-ce que vous avez l'impression de revenir sur un territoire déjà traversé ? Si oui — à quel angle êtes-vous par rapport à la dernière fois que vous étiez là ? Qu'est-ce qui a tourné en vous depuis ? Où sentez-vous la torsion dans votre corps ? »
— Transformer : « La spirale n'est pas un cercle vicieux. Elle monte. Chaque retour est à une altitude légèrement différente. Qu'est-ce que vous voyez depuis là où vous êtes maintenant que vous ne pouviez pas voir la dernière fois que vous étiez à cet endroit ? »
En mode futurisation : J17 représente un projet qui assume sa non-linéarité. Ce n'est pas un projet qui va droit au but — c'est un projet qui s'enrichit en tournant, qui intègre des détours comme des ressources plutôt que comme des échecs. Le Voyageur nomme les deux pointes : ce qu'il apporte (socle, ressources profondes) et ce vers quoi il avance (vision, horizon). La torsion entre les deux n'est plus un défaut de construction — c'est la signature d'un projet vivant, qui apprend en se déployant, qui ne ressemblera pas exactement à ce qu'il avait imaginé au départ, et qui sera meilleur pour ça.
Ancrages hypnotiques ericksoniens : utilisation de la métaphore de la spirale comme induction et comme chemin thérapeutique — « chaque tour de spirale vous rapproche du centre ». Travail avec la résistance comme ressource — la torsion comme signe que quelque chose cherche à s'intégrer, pas à être éliminé.
Mouvement suggéré : rotation lente combinée à une légère oscillation axiale — la forme ne tourne pas parfaitement droit, elle a un léger mouvement de précession, comme une toupie qui ralentit. Teinte par défaut : dégradé en torsion — violet profond à la pointe basse, or chaud à la pointe haute, le dégradé suivant la torsion de la forme plutôt que l'axe vertical.
Contre-indications relatives : traumatisme complexe non résolu avec dynamique de boucle stagnante — précéder J17 d'un travail d'ancrage et de différenciation. Personnes en début de chemin thérapeutique — la complexité peut être déstabilisante. États dissociatifs aigus — à éviter.
Sources
— Johnson, N. W. « Convex Polyhedra with Regular Faces ». Canadian Journal of Mathematics, vol. 18, 1966, p. 169-200. — Zalgaller, V. A. « Convex Polyhedra with Regular Faces ». Seminars in Mathematics, V. A. Steklov Mathematical Institute, vol. 2, 1969. — Kepler, J. Harmonices Mundi. Linz, 1619. — Coxeter, H. S. M. Regular Polytopes. Methuen, 1948 (3e éd. Dover, 1973). — Wenninger, M. J. Polyhedron Models. Cambridge University Press, 1971. — Deleuze, G. Différence et Répétition. PUF, 1968. — Bergson, H. L'Évolution créatrice. Alcan, 1907. — Ricœur, P. Temps et Récit (3 vol.). Seuil, 1983-1985. — Jankélévitch, V. L'Irréversible et la Nostalgie. Flammarion, 1974. — Morin, E. La Méthode (6 vol.). Seuil, 1977-2004. — Jung, C. G. Psychologie et Alchimie. Rascher, 1944 (trad. fr. Buchet/Chastel, 1970). — Jung, C. G. Aïon. Rascher, 1951. — Kalsched, D. The Inner World of Trauma. Routledge, 1996. — Levine, P. A. Waking the Tiger. North Atlantic Books, 1997. — Shapiro, F. Eye Movement Desensitization and Reprocessing: Basic Principles, Protocols, and Procedures. Guilford Press, 1995. — Rogers, C. R. On Becoming a Person. Houghton Mifflin, 1961. — Stickgold, R., Walker, M. P. « Memory consolidation and reconsolidation: what is the role of sleep? ». Trends in Neurosciences, vol. 28, 2005, p. 408-415. — Kandel, E. R. In Search of Memory. Norton, 2006. — Beck, D. E., Cowan, C. C. Spiral Dynamics: Mastering Values, Leadership and Change. Blackwell, 1996. — Wilber, K. Sex, Ecology, Spirituality. Shambhala, 1995. — McGilchrist, I. The Master and His Emissary. Yale University Press, 2009. — Gendlin, E. T. Focusing. Bantam Books, 1978. — Darwin, C. The Movements and Habits of Climbing Plants. John Murray, 1875.
Note éditoriale — clôture de la sous-famille 0.3
Cette fiche clôt la sous-famille 0.3 des Polyèdres notables de Johnson dans la bibliothèque EndoFormia®. Les dix formes de cette sous-famille couvrent un spectre clinique qui va de la construction simple et directe (J1, J2 — les pyramides fondamentales) à la complexité intégrative (J17 — la torsion spirale), en passant par la protection ouverte (J3, J4 — les coupoles), le chemin parcouru (J7, J8 — les pyramides allongées), les tensions duales (J12, J13 — les bipyramides simples) et la verticalité habitée (J15 — la bipyramide allongée). Ensemble, elles constituent un vocabulaire de la géométrie intérieure qui complète les solides parfaits et les solides d'Archimède par des formes plus proches de l'expérience vécue — imparfaites, tendues, riches de leur complexité.